Voyage à Madagascar – épisode 1 : L’arrivée à Madagascar

Journal de bord, le 7 mars 2016

Bonjour à tous,

Je me suis envolé samedi soir pour Madagascar. Je vais voir nos producteurs pour les aider à trouver des solutions à certains problèmes comme les corps étrangers, les pesticides ou les relations avec Écocert. Mais aussi pour renforcer les liens, leur assurer notre soutien et notre engagement. La situation est très difficile à Madagascar en ce moment : instabilité politique, corruption, apparitions de pesticides, envolée des cours de la vanille. Nos partenaires sur place sont inquiets, et nous de notre côté nous comptons beaucoup sur eux pour répondre à nos besoins en très forte croissance.

Je vais essayer de vous dire quelques mots régulièrement sur mon voyage. Non pas pour vous faire « bisquer », mais pour vous faire découvrir un peu d’où viennent nos épices, et comment vivent nos partenaires sur place.

J’ai atterri hier matin à l’aéroport de Nosy Be, qui est une île touristique du nord-ouest de Madagascar. À la descente de l’avion la chaleur humide m’a enveloppé, coup de chance il fait beau (nous sommes encore en saison des pluies, cela risque donc de changer). Pour sortir de l’aéroport, il faut passer par quatre guichets, paiement du visa, tampon du visa, signature du visa et douane. À chaque fois le policier ou douanier demande plus ou moins directement un « pourboire », mais en refusant gentiment ils n’insistent pas. La corruption s’est généralisée ces dernières années à Madagascar du fait de l’instabilité politique, mais, en restant ferme et courtois, il est possible de ne pas alimenter ce fonctionnement ; en tout cas à l’aéroport, car Patrick qui m’attend à la sortie avec sa compagne Stella, me dit que pour certaines démarches administratives, en particulier pour exporter les produits, il est impossible d’y échapper.

Patrick est le cofondateur de l’entreprise partenaire pour les importations depuis Madagascar. Depuis quelques années, il est parti s’installer définitivement à Madagascar où il a fondé une société dont Arcadie est actionnaire. Il habite sur la Grande Terre, l’ile principale de Madagascar, où l’entreprise est basée elle aussi. Nosy Be est juste en face. C’est pour cela que j’ai atterri ici, nous n’allons pas rester sur cette ile, mais rejoindre la Grande Terre tout de suite après le repas ; pour cela nous montons dans une « coque », une grosse barque à moteur, qui nous permet de traverser le bras de mer en 15-20 minutes. Comme je le disais, Nosy Be est une île assez touristique ; la route qui relie l’aéroport au port est plutôt en bon état, les rues assez propres et les cases plutôt en bon état. La traversée est très belle, au fur et à mesure que nous nous approchons de la Grande Terre nous voyons apparaitre une ligne vert clair, différente de la végétation de l’ile, c’est la mangrove, zone de végétation entre la mer et la terre. Un des projets de notre partenaire est d’apprendre aux agriculteurs à protéger cette zone extrêmement riche en biodiversité. Elle est théoriquement protégée, mais en réalité les paysans y coupent le bois qui donne un charbon très « puissant ».

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Pépinière de curcuma et bâtiment LABS

Gaëlle, la fille de Patrick, qui est la directrice de l’entreprise, nous attend de l’autre côté et nous emmène en voiture jusqu’à la maison de Patrick à la sortie d’Ambanja, petite ville d’environ 30 000 habitants. Patrick a rénové une grande maison au milieu d’une plantation de café, où il y a aussi des productions de cacao et d’huiles essentielles. Cette plantation produit aussi pour nous, un peu de baies roses et de poivre. La plantation est de moins en moins entretenue, et récemment Patrick a proposé de reprendre toute l’activité huiles essentielles qui sinon allait disparaitre. Depuis, il loue donc une trentaine d’hectares, la maison, et une usine avec les outils de distillation.

Le lieu est magnifique, nous sommes entourés par la forêt tropicale, les bruits des animaux, et la chaleur humide.

Patrick m’a appris qu’il n’avait plus de voiture, car le chef de la police locale la lui a démoli en perdant le contrôle de la voiture qu’il conduisait lors d’une course avec un ami. Mais comme la voiture que conduisait ce fonctionnaire n’était pas assurée, et ne lui appartenait pas, ce fonctionnaire se trouvait bien embêté. Il a donc fallu qu’il fasse faire les papiers de la voiture à son nom, puis qu’il l’assure avant d’aller enfin déclarer l’accident pour que Patrick puisse faire transporter sa voiture à 200 km de là chez le concessionnaire Nissan. Elle y est depuis deux mois, et les réparations ne sont toujours pas finies ! Tout cela pour vous montrer que la vie à Madagascar n’est pas toujours simple. Du coup, il faut se déplacer en moto, et j’ai dû aujourd’hui piloter une moto pour la première fois de ma vie, sur des pistes boueuses parsemées de creux et de bosses dignes d’un terrain de cross, au milieu des poules, des zébus, des enfants, des vélos et des pousse-pousse, et je vais devoir faire cela toute la semaine ! Expérience éprouvante.

Aujourd’hui, nous avons passé la journée dans l’entrepôt. Un grand bâtiment assez récent (construit en 2003), mais qui fait plus vieux que son âge, car tout se dégrade très vite sous les tropiques. Ici a été préparée la vanille que nous avons reçue cette année, un peu de curcuma, de cannelle et de poivre. Autour du bâtiment il y a des pépinières pour fournir des plants aux paysans.

Nous avons eu une réunion avec deux salariés et une personne qui va les aider à monter le dossier de certification IMG_2040pour la vanille cette année. La grosse problématique  c’est que l’état malgache fixe une date de début de collecte (15 mai pour cette région) et il est interdit aux éventuels clients d’acheter avant cette date. Mais beaucoup d’opérateurs peu scrupuleux viennent beaucoup plus tôt pour acheter, ils font peur aux paysans en leur disant que leur vanille est déjà mure et que s’ils attendent la date officielle elle sera toute tombée et invendable. Il faut donc convaincre les paysans de faire confiance et d’attendre la date officielle ; pour cela l’entreprise a décidé d’envoyer la personne qui prépare la vanille (procédé de fermentation qui va la faire devenir noire), un mois avant la récolte, pour former les paysans à la préparation ; ils pourront ainsi récolter et préparer eux même les gousses qui menacent de tomber, et ne rien perdre de leurs récoltes.

 

Voilà un petit aperçu, la suite au prochain numéro, je vous mets quelques photos en basse définition, car la connexion internet est très lente et leur coute très cher.

 

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