Voyage à Madagascar – épisode 4 : Daracina (cannelle en malgache)

Journal de bord, le 12 mars 2016

Jeudi matin je suis parti avec Stella, la compagne de Patrick, à la rencontre d’une dame qui travaille au bureau du maire d’une commune rurale près d’Ambanja, qui disait connaitre des parcelles de cannelle que nous pourrions louer. Après quelques expériences malheureuses de contrat de collecte avec des paysans qui ne tiennent pas leurs engagements, l’entreprise partenaire a décidé de plutôt louer des terres et d’embaucher des équipes localement pour entretenir les terrains, couper la cannelle et la rapporter à l’usine où elle sera écorcée et séchée.

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Réunion des chefs Fokuntany

Nous avons emprunté le 4×4 de Gaëlle (la directrice, si jamais vous n’aviez pas suivi les épisodes précédents), et nous avons roulé sur une route en très bon état jusqu’à une commune proche d’Ambanja. Nous avons été accueillis par le maire à qui Stella a pu exposer notre projet , le maire parlait un peu français, mais la conversation s’est tenue en malgache. Nous sommes bien tombés ce jour-là, car se tenait sur place justement une réunion de tous les chefs Fokuntany de la commune. En fait une commune est composée de plusieurs petits villages appelés Fokuntany qui ont chacun un chef de village. Il nous a donc proposé d’exposer notre projet à cette assemblée des chefs Fokuntany, puis de les laisser en discuter entre eux et de revenir visiter les parcelles le lendemain. Tous les chefs se sont rassemblés devant le bureau du maire, le maire et Stella ont longuement expliqué notre projet, certains ont posé des questions, d’autres ont discuté en petits groupes, mais Stella m’a expliqué ensuite qu’elle avait dû répéter exactement la même chose, encore et encore, pour que tout le monde comprenne bien. Il y a beaucoup de peurs et de méfiance, ce qui n’arrange pas la communication. On s’est ensuite donné rendez-vous le lendemain à neuf heures pour visiter les parcelles des personnes intéressées.

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Jeune pousse de cannelle

Nous voici donc repartis vendredi matin, accompagnés cette fois-ci de Gaëlle, à la conquête de la cannelle. Le maire nous a accueillis et confiés à deux jeunes malgaches, dont l’un parlait français assez bien. Ils ont absolument tenu à ce que l’on prenne le 4×4 jusqu’à la parcelle, qui n’était finalement qu’à 1km du village, mais c’était l’occasion de faire passer le 4X4 dans un chemin où ne passent d’habitude que des piétons, des vélos, ou des charrettes à zébu. Gaëlle n’était pas très rassurée pour la carrosserie de son beau Nissan, mais au final il est passé sans encombre (j’ai fait un petit film, je vous montrerai ça). Nous sommes arrivés sur une très belle parcelle, de 1 à 2 hectares environ, couverte de cannelle, assez bien entretenue et facilement accessible. Seul bémol, tout a été coupé récemment, on ne voit que de jeunes rejets d’un an et de très jeunes repousses qui couvrent le sol, il faudra donc attendre un an pour avoir des tuyaux, et au moins deux pour faire de la belle cannelle.

Mais la parcelle est très belle, une clairière centrale, avec une ancienne maison en dur dont il reste la dalle et les fondations, pourrait permettre de faire une aire de travail et de séchage, c’est prometteur pour l’avenir. Et surtout le paysage est absolument magnifique, nous sommes entourés de zones marécageuses où les paysans cultivent du riz, et par de hautes collines. La végétation est luxuriante, bref, un petit coin de paradis.

Nos deux guides nous ont ensuite baladés à travers la forêt et les collines, pour nous montrer de très jolis endroits, mais

malheureusement trop peu de cannelle et, après une heure et demie à marcher dans la brousse (il devait faire un petit 35° à l’ombre quand même), ils nous ont ramenés quasiment à notre point de départ, pour nous montrer une deuxième parcelle d’un hectare environ dans le même état que la première. Entre-temps, l’un deux était allé nous acheter un en-cas au village, « hamburger » à la tomate, galettes frites a la poêle, yaourt glacé au lait de zébu à la vanille, et crêpe. Nous avons mangé sur la colline au-dessus de la rizière, sur une nappe fabriquée pour l’occasion avec des feuilles de bananier … bref, nous n’étions pas malheureux quand même.

L’après-midi allait nous réserver quelques belles surprises, mais je vous raconterai cela au prochain épisode :-).

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