Voyage à Madagascar – épisode 6 : Antanarivo

Journal de bord, le 15 mars 2016

Nous sommes arrivés dimanche soir à Antananarivo, la capitale de Madagascar. On aurait dû arriver samedi soir, mais Air Madagascar, la compagnie aérienne nationale a annulé notre vol 3 heures avant le décollage, ce qui est malheureusement très fréquent.

Un taxi nous attendait pour nous conduire dans un grand hôtel du centre-ville ; il fait 10 degrés de moins qu’à Ambanja, nous sommes à 1300 mètres d’altitude, la douche chaude était appréciable suivie d’une bonne nuit dans un bon lit. Lundi matin, nous sommes partis à l’aventure dans les rues d’Antananarivo, d’abord en taxi jusqu’à midi, puis avec Hery, le directeur de l’entreprise qui nous produit le curcuma, le gingembre et la cannelle.

Comment vous décrire Antananarivo ? Je ne suis pas sûr d’y arriver, et je ne peux pas beaucoup m’aider des photos, car il est plutôt risqué de brandir un appareil ou un téléphone de peur de se le faire chiper très rapidement. C’est une grande capitale africaine avec ses embouteillages sans fin et sa pollution, mais ici pas de centre-ville moderne avec de grandes tours, puis une périphérie de plus en plus pauvre jusqu’au bidonville. Il y a bien quelques immeubles à étages, mais peu sont récents, il y IMG_0654a bien des travaux, mais la qualité de réalisation fait que le bâtiment à l’air vieux dès le premier jour. Mais surtout, tout s’entremêle dans cette ville, à quelques encablures de notre hôtel luxueux, il suffit de bifurquer, de sortir de la route principale et l’on se retrouve dans une ruelle en terre, creusée de profondes ornières, avec quelques restes de portions pavées, il y a juste la place pour que deux voitures se croisent sans écraser les nombreux piétons qui passent de chaque côté, et qui s’arrêtent devant les multitudes d’échoppes microscopiques et brinquebalantes, ou tout se vend. L’une propose des fruits, la suivante diverses quincailleries avec, en tête de gondole, des colliers de coudes et de T de tuyaux d’évacuation PVC… Vient ensuite le boucher ! Ah le boucher ! une échoppe de 2,5m de large comme toutes les autres, une planche en bois, un toit de tôle, et là sont présentées les viandes, posées à même la planche ou suspendues à la tôle, saucisses, viande hachée, gigot, un régal pour les mouches ! Le soleil s’est levé, il fait déjà 25 degrés, on est bien :-)

Un peu plus loin la route s’élargit à nouveau, les maisons sont plus rares et tout à coup nous voici au milieu d’une rizière, et au milieu de la rizière ? Une ile avec quelques maisons de brique et de tôle, quelques pêcheurs aussi entre deux champs de riz, et deux cents mètres plus loin à nouveau la ville, une grande artère pleine de voitures et de piétons qui traversent sans regarder, le chauffeur klaxonne par habitude, mais le piéton n’accélère pas son pas pour autant. La circulation se ralentit, puis s’arrête totalement, nous voici dans l’embouteillage de Tana, ici il faut souvent deux heures pour aller faire une course. Hery verrouille les portières par sécurité, et moi je peux contempler tranquillement la circulation et la vie autour de moi.

Des vendeurs à la sauvette viennent nous proposer toute sortes de marchandises, barre de toît, chargeur de téléphone, serviette en microfibre, déguisement de clown (si si ! je vous jure que c’est vrai), quelques enfants viennent toquer à la fenêtre pour mendier, et puis de chaque côté le ballet incessant des minibus de transport en commun, les taxis B. Ce sont le plus souvent des minibus Mercedes d’environ 25 places assises, la porte arrière n’est jamais complètement fermée, un homme se tient debout sur le marche-pied arrière, ouvre la porte et fait rentrer les passagers sans que le minibus ne s’arrête jamais. Les gens courent entre les files des voitures vers le bus qui les intéresse (une plaque à l’avant indique la destination du véhicule), sautent sur le marchepied, donnent un billet à l’homme qui leur ouvre la porte et se tassent dans le bus, qui continue sa route sans se douter de rien.

Pour moi cet embouteillage est un régal, pour les vendeurs à la sauvette et les mendiants cela leur permet de s’approcher des voitures, mais pour les habitants qui supportent les fumées d’échappement des voitures hors d’âge, et qui doivent aller travailler à l’autre bout de la ville ce n’est pas toujours très joyeux. Hery me dit que l’un de ses salariés fait tous les soirs deux heures dans les minibus pour rentrer chez lui.

Hery nous propose de nous emmener voir le centre commercial qui vient d’ouvrir, il n’y est lui-même encore jamais allé. Nous bravons les embouteillages, et nous arrivons au bout d’une demi-heure dans un complexe commercial à l’européenne, grand parking, supermarché, galerie marchande, escalier roulant, lumières vives, agents de sécurité. Le contraste est saisissant, nous sommes plongés en quelques instants dans un autre monde, on retrouve ici des boutiques et des marques françaises, un magasin de piano Yamaha, des ustensiles de cuisine Brabantia, une enseigne Éveil et Jeux ! La modernité est en marche.

Le retour se fait de nuit, la nuit tombe à 18h toute l’année à Madagascar, les avenues sont équipées de lampadaires, mais seul un sur vingt fonctionne. Nous allons dormir dans la maison que Patrick s’est fait construire à Antanarivo sur une colline qui surplombe la ville.

Il y aurait encore mille choses à vous raconter sur cette ville, mais je suis malade depuis hier, et je n’arrive plus bien à écrire, alors la suite au prochain numéro.

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