Voyage à Madagascar – épisode 5 : voyage en brousse

samedi 2 juillet,

Cette fois-ci nous partons pour 2 jours en brousse. Notre équipe est uniquement féminine, 3 “Vaza » (comme on appelle les femmes blanches à Mada) et notre contrôleuse interne malgache qui assure la traduction.

Nous partons avec un sac à dos, munies de quoi dormir, marcher, se protéger du soleil et des moustiques et je prends bien sûr, mon appareil photo et mon petit cahier pour les compte-rendus. Et puis quelques provisions d’eau, de légumes & fruits, de gateaux, soupe instantanée et même, une poule vivante pour un futur repas ;-)
Notre périple commence par 1h20 de pick up sur les routes défoncées ; j’ai le privilège, en tant qu’invitée, de m’assoir sur le siège à côté de notre chauffeur, les autres sont montées dans la benne et leur postérieur est bien malmené.
Nous longeons des rizières aux tons verts clairs changeants ainsi que des plantations de cacao.
Nous arrivons au fleuve pour monter dans une pirogue avec toutes nos affaires. Imaginez une pirogue longue de 6 mètres environ, profondeur d’environ 45 cm, creusée dans un arbre, 45 cm de large et 5-6 planchettes pour s’assoir en se répartissant le long de la pirogue. Il faut s’assoir bien au milieu sinon la pirogue penche d’un côté. L’eau est à portée de main – une fois assise.
Notre piroguier coupe sous mes yeux une brindille d’herbe pour boucher un trou où l’eau s’infiltre ( !) remplissant progressivement le fond de notre barque… Nous prenons nos précautions et mettons les bagages au sec sur nos chaussures.
Au cours du voyage nous écoperons régulièrement pour éviter l’inondation !
La pirogue bien chargée est poussée à contre courant par cet homme qui prend appui sur le fond du fleuve avec sa perche et slalome entre les bancs de sable. L’eau n’est pas très profonde mais bien fluide. Nous profitons du paysage, du calme, au rythme cadencé de ses mouvements, sous la chaleur éprouvante du soleil du milieu du jour. Au bout d’un moment Gaelle met un peu d’animation et de rythme avec la musique de son portable.
Sur les berges du fleuve les bouquets de bambous bien verts laissent retomber leurs arcs harmonieux, les ravenales (arbres du voyageur emblème de Madagascar) dressent leurs éventails de feuilles dans le ciel, des bananiers apparaissent çà et là et bien d’autres variétés dont je ne connais pas le nom…

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2h05 plus tard nous arrivons sur une jolie plage, celle du village de notre producteur Nel qui stocke les récoltes de poivre en attendant de les livrer en pirogue – celle-là même qui nous a amenée, ou en radeau.
Nous montons nos provisions dans la case du producteur et nous installons devant le festin mitonné par la femme de Nel : viande de zébu aux petits légumes accompagnée de riz et une orange en dessert. Délicieux !
Nous laissons tous nos fruits et légumes dans sa case-cuisine, ainsi que la poulette convoyée en pirogue et partons découvrir la case où nous allons dormir.
Commandée et pré-payée en février, 4 mois après, la case réalisée en bois et feuilles de ravenale n’est toujours past terminée ! Il lui manque portes et fenêtres !IMG_2802
Qu’à cela ne tienne, les portes sont prêtes, il n’y a plus qu’à les fixer, installer les verrous ! Deux hommes s’activent et terminent à la nuit noire, à la lueur de ma lampe de poche.
Entre temps, nous allons visiter la parcelle de M. Léon, le producteur président de l’association des producteurs de poivre référant pour notre entreprise partenaire à Madagascar.
Son poivre a malheureusement l’air malade, ses grappes encore vertes ne sont pas fournies, laissant présumer à ce stade seulement 2/3 de la récolte habituelle.
Nous espérons que ce ne sera pas le cas de tous les producteurs de cette zone.
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En rentrant de cette visite, nous balayons la case jonchée des débris de la construction et installons nos affaires : nous pourrons y dormir, sur des matelas en mousse et bien protégées par les moustiquaires : Le grand confort ;-)
Puis nous allons manger une soupe instantanée Sedap, avec une salade de concombre et bien sûr du riz, incontournable à la table d’un Malgache.
La nuit fut tranquille, à l’écart du village où l’on entend longtemps la musique que Nel laisse tourner parfois toute la nuit à plein volume.
La solution de repli, si nous n’avions pas dormi dans la case, aurait été son salon éclairé, avec force canapés et fauteuils… Nous imaginions mal nous coincer à 4 dans cette pièce ;-)
Le froid du petit matin nous réveille, nous avons prévu de partir tôt, car aujourd’hui, ce sera une grosse rando en brousse montagneuse.
Nous allons boire thé et café pour nous réchauffer et manger un morceau.
Le soleil darde ses rayons lorsque nous nous mettons en route…

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