Voyage à Madagascar – épisode 5 : voyage en brousse… la suite

Le soleil darde ses rayons quand nous nous mettons en route, vers 8h15 heure locale, à travers la brousse.IMG_2822

Nel, producteur de poivre, nous guide sur un sentier étroit par monts et par vaux, marchant à flanc de coteau au bord du fleuve. Plus nous avançons, plus nous gagnons en altitude.
Au bout de trois quart d’heure, nous arrivons près de trois cases perdues au milieu de la brousse où Nel achète des bananes qu’il nous offre. Quelques gorgées d’eau plus tard, nous reprenons notre progression sur le sentier étroit, parfois tellement étroit que nous devons nous mettre sur le côté pour laisser passer un porteur de cacao. Souvent le sentier se faufile entre de grosses pierres ou des blocs de rochers ; parfois sillonnant des buissons touffus, il traverse ensuite des espaces dégagés ombragés de grands arbres : Partout des bambous, des bananiers, des manguiers, des pritsiky (arbres à fleurs rouges), des ravenales et des bonara (“bounar” en français).
Au bout d’un moment, nous bifurquons sur la gauche et commençons à grimper vers la parcelle de M. Zam. La chaleur s’est intensifiée au fur et à mesure de notre marche. La montée nous donne soif, nos mollets commencent à se faire sentir. Nous montons toujours plus, nous nous élevons au-dessus du fleuve, dépassant une cascade et laissant derrière nous un magnifique paysage.
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Au bout de quarante cinq minutes de grimpette sur un sentier encore moins visible que celui d’avant, nous arrivons à quelques cases. Personne n’est visible, M. Zam est descendu en ville aujourd’hui. Nous montons encore un peu plus et arrivons à sa zone de poivre. Les grappes de poivre sont plus fournies que celles de M.Léon ; en meilleur état, elles nous donnent l’espoir d’une meilleure récolte.
Nous faisons une grosse pause pour récupérer de la montée, boire un peu, manger une orange, apprendre des mots malgaches.
Nous redescendons ensuite aux cases de la « pause bananes” et prenons à gauche vers le fleuve. Là, Nel nous demande de nous avancer dans l’eau – profonde par endroit jusqu’aux genoux – vers le milieu du fleuve pour rejoindre un banc de sable où une pirogue nous attend. Nous y découvrons aussi des traces de crocodile !IMG_2806
Nel et son acolyte retendent un peu les ficelles de la pirogue qui ne leur inspirent pas confiance. Et puis nous apercevons dans l’eau un peu en aval les yeux d’un petit crocodile qui dépassent de l’eau. Il a l’air de se laisser entraîner par le courant. Est-ce que la maman crocodile va apparaître tantôt et faire basculer notre pirogue ? !
Nous, les 3 “Vaza” (femmes ou hommes blancs), traversons la rivière en pirogue, une à une et pas très rassurées. Ensuite les 3 Malgaches traversent ensemble pour nous rejoindre. La pirogue a tenu bon malgré leurs poids !
Ouf, pas de croco en vue, nous sommes tranquillisés et reprenons notre marche pour rejoindre cette fois-ci la zone où Nel cultive du très beau café et son poivre sous des arbres d’ombrage. Ces derniers procurent de gros tuteurs aux lianes de poivre qui grimpent vers la lumière facilement jusqu’à 5-6 mètres de haut. Nel nous explique que lorsque la récolte sera passée, il fera boucler les lianes, c’est-à-dire les fera redescendre vers le sol pour éviter qu’elles montent plus haut.
Les grappes de ces lianes de poivre sont aussi un peu plus fournies mais les lianes ont l’air malades. Peut-être sont-elles trop au soleil ? Ou attaquées par une maladie ?
Que nous réserve cette récolte ? Difficile d’estimer le
endement pour le moment.
Nous reprenons notre marche en suivant la berge du fleuve pendant un bon moment jusqu’à arriver à une source naturelle d’eau chaude. Cela sent le souffre et j’aperçois l’eau qui bout carrément à un endroit. Je teste : on ne peut pas laisser la main plus que quelques secondes dans l’eau, elle serait brûlée ! Après cette expérience, nous reprenons une pirogue pour traverser et regagner le village que nous atteignons bien 4h30 après être partis, contents de notre visite et les jambes rompues de fatigue.
Nous dégustons le repas que nous a préparé la femme de Nel avec les légumes et la poule que nous avions amenés. Accompagnement riz bien sûr, comme chaque jour. Même après une soupe de nouilles, un Malgache doit manger son bol de riz, sinon il n’a pas l’impression d’avoir fini son repas ;-)
Nous remballons ensuite toutes nos affaires, fermons la case et confions les clefs à Nel qui va superviser la fin des travaux.
Sur la pirogue-le pont
Notre retour en pirogue est plus facile car le soleil décline déjà, il fait moins chaud. L’eau est belle et l’instant magique.
J’en profite pour écrire mon compte-rendu (sur mon petit cahier), plus à l’aise sur la pirogue qu’à l’aller. Comme nous descendons dans le sens du courant, le retour ne prend qu’une heure. Et nous retrouvons notre chauffeur pour rejoindre la ville saines et sauves dans le pick up qui nous secoue encore plus d’une heure avant de nous amener à bon port.
Je rentre heureuse d’avoir vécu cette aventure, émerveillée par les paysages et je porte en moi la conviction que le travail réalisé jusqu’à maintenant est le fruit d’un grand engagement de nos partenaires et qu’il leur faudra encore beaucoup de patience, de persévérance et d’optimisme pour développer et stabiliser cette filière. Je les soutiens de tout mon coeur.

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